L’Allemagne est le plus grand marché de l’occasion en Europe : des millions de véhicules sur mobile.de, AutoScout24 et Kleinanzeigen, dont beaucoup de première main avec un historique d’entretien complet. Pour un marchand VO français, c’est une vraie opportunité – à condition de repérer les bonnes voitures tôt, de les estimer correctement et de savoir ce que coûte l’import en France. Ce guide vous accompagne pas à pas dans l’achat.
- L’Allemagne a la plus grande offre de voitures d’occasion d’Europe ; les trois grands portails en couvrent la quasi-totalité.
- C’est le vendeur qui détermine la TVA : professionnel assujetti, professionnel sous le régime de la marge ou particulier.
- Emportez les originaux des certificats d’immatriculation partie I et II, le contrat de vente et le COC s’il existe.
- Plaques export ou camion porte-voitures pour le rapatriement ; les plaques allemandes à court terme ne sont pas fiables à l’étranger.
- Carte grise et taxes à l’import en France doivent entrer dans le calcul dès le départ.
1. Pourquoi les professionnels achètent en Allemagne
- La plus grande offre : plus de véhicules de chaque marque, modèle et motorisation que dans n’importe quel autre pays européen.
- Des prix qui laissent de la marge : une forte concurrence et de nombreux vendeurs particuliers tirent les prix affichés vers le bas.
- Un historique traçable : HU (le contrôle technique allemand), carnet d’entretien, nombre de propriétaires et absence d’accident figurent souvent dans l’annonce.
- Trois grands portails : mobile.de, AutoScout24 et Kleinanzeigen – à eux trois, ils couvrent presque tout le marché.
2. Trouver les bons véhicules
Tout se joue sur la vitesse : les bonnes affaires partent souvent en quelques heures, et les négociants allemands les voient en premier. Enregistrez vos critères d’achat sous forme de recherches – marque, modèle, prix, kilométrage – et limitez le rayon aux régions qui collent à votre logistique, par exemple autour de Sarrebruck, Karlsruhe, Fribourg-en-Brisgau ou Stuttgart.
- Vérifiez si le vendeur est un professionnel ou un particulier : c’est ce qui décide du traitement de la TVA (section 3).
- Servez-vous de l’évaluation du prix des portails comme premier filtre, mais estimez chaque véhicule vous-même face aux annonces comparables.
- Appelez vite – les vendeurs allemands ont l’habitude des acheteurs étrangers ; l’échange se fait en allemand ou en anglais.
CarFalke lit les trois portails chaque minute et affiche les nouvelles annonces en français, avec l’évaluation du prix, la valeur de marché d’après les annonces comparables, le type de vendeur et le numéro de téléphone de l’annonce.
3. L’achat : professionnel ou particulier, et la TVA
Dans l’UE, le traitement de la TVA dépend de qui vend, et comment :
- Auprès d’un professionnel allemand au régime normal (dans l’annonce : « MwSt. ausweisbar », TVA récupérable) : il vous facture hors taxes sur votre numéro de TVA intracommunautaire, en livraison intracommunautaire exonérée ; vous déclarez l’acquisition intracommunautaire en France. Vérifiez que votre numéro est valide dans VIES et fournissez au vendeur la preuve que le véhicule est bien arrivé (attestation de réception, « Gelangensbestätigung »).
- Auprès d’un professionnel allemand sous le régime de la marge (§ 25a UStG) : la facture ne fait pas apparaître de TVA et vous achetez au prix TTC ; il n’y a pas d’acquisition intracommunautaire. En règle générale, vous pouvez revendre le véhicule sous le régime de la marge en France.
- Auprès d’un particulier : pas de TVA. La revente relève en général du régime de la marge.
- Les moyens de transport neufs (six mois maximum depuis la première mise en service ou 6 000 km maximum) sont toujours taxés dans le pays de destination – y compris s’ils sont achetés à un particulier.
En France, le taux normal de TVA sur les voitures est de 20 % ; pour les véhicules d’occasion, le régime de la marge est prévu à l’art. 297 A CGI.
4. Les papiers à emporter
- Le certificat d’immatriculation partie I (Zulassungsbescheinigung Teil I) et partie II (Teil II, l’ancien « Fahrzeugbrief ») – en original.
- Le certificat de conformité (COC) ou l’attestation de caractéristiques du constructeur, s’il existe.
- Le contrat de vente ou la facture, avec les coordonnées des deux parties et, entre professionnels, les deux numéros de TVA intracommunautaire et la mention du régime de TVA appliqué.
- Le certificat de retrait de la circulation (Abmeldebescheinigung) si le véhicule a déjà été désimmatriculé en Allemagne.
- Le dernier rapport de HU et les justificatifs d’entretien.
5. Rapatrier le véhicule
Deux solutions classiques : rouler avec des plaques export allemandes (Ausfuhrkennzeichen, avec assurance et HU valide) ou faire enlever le véhicule par un transporteur. Les plaques allemandes à court terme (Kurzzeitkennzeichen) ne sont pas reconnues de façon fiable à l’étranger. Pour plusieurs véhicules ou de longues distances, le camion porte-voitures est généralement moins cher et plus sûr.
6. L’immatriculation en France
Un véhicule venant d’un autre pays de l’UE obtient son immatriculation française (certificat d’immatriculation, la « carte grise ») via l’ANTS. Dans les grandes lignes :
- Obtenir le certificat de conformité (COC) ou un document équivalent du constructeur.
- Pour les véhicules de plus de quatre ans : un contrôle technique de moins de six mois.
- Régler la question de la TVA : un acheteur particulier doit obtenir le quitus fiscal auprès du service des impôts ; les professionnels assujettis déclarent l’acquisition dans leur déclaration de TVA auprès de leur SIE (service des impôts des entreprises).
- Demander la carte grise en ligne sur le site de l’ANTS, souvent via un professionnel habilité ; une immatriculation provisoire WW est possible pendant l’instruction du dossier.
Les professionnels de l’automobile habilités auprès de l’ANTS peuvent réaliser eux-mêmes les démarches d’immatriculation et vont en général plus vite.
Les taxes à l’import
La carte grise coûte une taxe régionale par cheval fiscal, plus des frais fixes. S’y ajoute le malus écologique, qui s’applique aux voitures d’occasion importées lors de leur première immatriculation en France, avec un abattement selon l’âge du véhicule – pour les modèles très émetteurs, la somme peut être conséquente. Les véhicules lourds peuvent aussi être soumis au malus au poids, lui aussi réduit selon l’âge.
7. Calculer l’import
Un import n’est rentable que si tous les coûts sont intégrés au prix. Avant d’appeler, additionnez :
- le prix d’achat et le régime de TVA (HT avec numéro de TVA intracommunautaire, régime de la marge ou particulier),
- le transport – à titre indicatif, CarFalke l’estime à 150 € plus 0,90 € par km, soit environ 600 € pour 500 km,
- les frais de carte grise et les taxes à l’import en France,
- les traductions, le contrôle et la remise en état,
- les éventuels frais de change si vous payez dans une autre devise, et le temps d’immobilisation jusqu’à la vente.
Fixez votre prix d’achat maximum à partir du prix de revente réaliste sur votre marché, moins tous ces coûts et votre marge cible. Le calcul d’achat de CarFalke ajoute automatiquement le transport entre le lieu du véhicule et votre établissement.



